Catégories
the unexpected

The Ghost of Ivan Milat

Kris McGinnis

As warm acidic tears slowly bite my sunburnt cheeks, as his crooked grin leers from the shadowy driver’s seat, as the thud-thud-thud ruptures from the trunk, an epiphany strikes, jostling for position where fear resides.

Regret can only be nurtured into experience if you live long enough to caress it. 

Regret that campfire stories which scar the nation’s underbelly, of its vast emptiness, of disappearances, of monsters like Ivan Milat, were brushed off as tales of yesteryear on the sun-kissed beaches and bustling city streets of my Melbourne life.

Regret that teenage stubbornness masqueraded as adulthood, that assuming travel by foot and thumb to view the apocalyptic opal town of Coober Pedy and coppery sandstone terrain of Uluru would provide a more freeing experience, that sisterly scorn refused a brother’s companionship. 

Regret that when the rusted yellow station wagon slowed down, tired feet willingly accepted, that his eerie silence, broken only by a gruff demand for my name, was initially viewed as restful, that my weary mind was too slow to connect the glint of sharp metal, duct tape and body bag; that I can only save myself.

As I slowly grip the door handle to the thud-thud-thud of his trapped prey, he reaches into his pocket. In the glare of moonlight, I notice streaks of blood on his arm. Without pause, I thrust the door open and throw myself out . . .

My wife calls me introverted, says I need to open up more to enjoy the sociable aspects of life that raising children denied. I promise to try but I prefer solitude and the outback provides that.

There are abandoned opal mines around Coober Pedy which resonate with my inner prospector. It takes patience, but gemstones will come.

She said my car wasn’t suitable; I’ll get stranded. I somewhat agreed. The rear suspension’s loose and thuds like a headache, but I’m fond of the old yellow rust bucket. Loaded with supplies and mining equipment, I set off. 

It got dark just after Glendambo, that’s when the oil tank leaked. Patching it with duct tape, I cleaned my oil-slicked arms with tissues and continued on.

Not long after, I saw a girl walking down the highway. Dark, desolate; it’s not the safest place. With a promise to socialise more, I offered a ride. 

She was quiet, but starting conversations chokes me with dread, so the thud of the rear suspension filled the void. It felt awkward. She noticed my camping tarpaulin, shovel and mining pick. I considered explaining my hobby, but decided the youth of today wouldn’t be interested. 

Anxiously, I asked her name. ‘Heather’ she meekly responded. Tongue tied again, I smiled nervously and noticed she was crying. I reached to offer some tissues . . .

And that’s when she fucking launched herself out the car!

I searched but there was no sign of her. Driving off, a sense of fear overwhelmed.

You grow up hearing tales of phantom hitchhikers. Last time I’ll ever try to be sociable. 

Kris McGinnis is a Scottish writer of flash fiction who has been published in Clover & White and ‘Less Than 100 Words’ e-book anthology.

Catégories
the unexpected

L’inattendu… An unexpected journée

Galaad Saussey–Even

La semaine dernière, mardi pour être précis, j’étais tranquillement, assis dans ma cuisine. Il était 7h50 lorsque mes lèvres touchèrent, pour la première fois de la journée, mon café bien chaud (m’étant réveillé à 7h40, il est simple de savoir cette heure avec autant de précision). Mais à ce moment précis, je fus encore loin de me douter de ce qu’il allait se passer, bien que ma nuit fût remplie de rêves tous plus farfelus les uns que les autres. Une fois mon petit-déjeuner avalé, et comme j’avais, devant moi, une journée bien remplie, je fis la vaisselle en un tour de main et partis en direction de ma chambre, afin d’y prendre mes affaires. Une fois ce choix cornélien fait (cravate rose saumon, chemise bleu pastel, pantalon beige, ceinture marron, chaussettes noires et sous-vêtement non troué), je pris la direction de la salle de bain. Seulement, en chemin, on sonna à ma porte, ce fut fort étonnant, car je n’attendais personne, et je ne vis pas laquelle de mes connaissances aurait pu venir sonner à une telle heure. Tandis que je m’approchai doucement de la porte, on sonna de nouveau mais, en regardant par le judas, je ne vis personne, pourtant la sonnerie ne cessait de retentir. Interloqué par ce mystère, j’ouvris la porte et, en sortant ma tête dans le couloir, je me rendis compte que c’était tout simplement la concierge qui sonnait chez le voisin. Cette frayeur matinale venait donc de la piètre isolation phonique de mon vieil immeuble et j’étais loin de me douter que je n’avais encore rien vu. Mais en attendant, pour me remettre de mes émotions, je décidai de m’accorder une petite sieste sous le soleil de mon velux.

Lorsque j’eus fini ma préparation dans la salle de bain, il était 8h25 et j’étais frais comme un gardon, même si j’avais été plus lent que d’habitude. Il fallait que je me dépêche, ou je n’allais jamais être à l’heure à la banque. Je pris mon habituelle veste moutarde pendue à côté de la porte, mon attaché-case posé à côté du vide-poche sur le meuble et sortis en ayant bien vérifié trois fois que j’avais mes clés avec moi. Une fois dans la rue, je marchai d’un pas vif, si vif que j’arrivai à la banque à 8h40, soit vingt minutes avant son ouverture, et que je dus donc patienter tranquillement sur le banc. Il était à peine 8h50 quand je vis arriver au bout de la rue Monsieur le Directeur, c’était le signe que je pouvais désormais attendre près de la porte. Il me salua, entra dans la banque et je franchis les portes à mon tour, à 9h. Immédiatement, j’allai vers Karine, la splendide réceptionniste qui me salua, comme à son habitude, avec un large sourire. Après lui avoir souhaité également la bonne journée, je pus enfin lui poser la question qui m’avait taraudé toute la nuit. Malheureusement pour moi, elle me répondit par la négative : ils n’avaient pas encore reçu mon chéquier et il allait me falloir revenir dans la semaine. C’est donc quelque peu dépité que je sortis de la banque pour rentrer à mon domicile, sans même passer par la boulangerie. 

Tout ce que je raconte ici peut passer pour folies, inepties ou banales disgressions, mais c’est pourtant essentiel, afin de véritablement percevoir le caractère exceptionnel et inattendu de ce qui va m’arriver à la moitié de la journée. Jugez vous-même :  

En arrivant chez moi à 9h20, la montée des escaliers m’avait tellement épuisé, qu’après avoir bu un verre d’eau en entier, je ne mis même pas cinq minutes à m’endormir dans mon fauteuil, devant la télé. Je dus être vraiment fatigué, car je ne me réveillai qu’à 11h29. J’étais tout engourdi, mais il allait falloir que je me fasse à manger. N’ayant pas d’idée, ni vraiment très faim, je décidai alors de me faire une omelette, comme celles dont ma maman avait le secret. Et c’est à ce moment que « ça » se produisit. En cassant mon premier œuf, je découvris que celui-ci avait deux jaunes…

… Je sais.

* * *

… ou l’attendu qui ne vient pas.